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Mettre en place une approche globale de prévention


La population française vieillit, et cette tendance va se poursuivre au cours des prochaines années : les personnes âgées de 65 ans et plus représentent aujourd’hui environ 16 % de la population totale et, selon les projections de l’Insee, représenteront plus de 29 % de la population en 2050.
Selon les données de l’Institut de veille sanitaire (InVS), environ une personne âgée sur trois chute chaque année. Les conséquences de la chute sont variables mais elle est le principal motif d’hospitalisation ou de recours chez le médecin généraliste et constitue la troisième cause de mortalité (toutes causes confondues) pour cette population. En outre, une chute, même sans traumatisme, entraîne souvent une accélération du déclin des capacités fonctionnelles de la personne, un déclin qui bien souvent accélère le placement en institution. La conjugaison de la réalité démographique avec le risque de chute chez nos aînés impose donc la nécessité de mettre en place une approche globale de prévention très en amont, afin de préserver leur qualité de vie et également de réduire le risque de perte d’autonomie.
La loi d’orientation de santé publique d’août 2004 prévoit la réduction de 25 % du nombre annuel de chutes chez les aînés d’ici à 2008. Cet objectif est volontariste et ambitieux, sa mise en œuvre passe par les réseaux de proximité agissant auprès des personnes âgées, qui sont nombreux et actifs : qu’ils soient institutionnels ou associatifs, tous intègrent la prévention des chutes dans leurs actions. Pareil objectif n’est pas utopique car l’état des connaissances scientifiques a clairement identifié les ingrédients essentiels à réunir pour assurer l’efficience des programmes de prévention. Par ailleurs, il est possible d’agir efficacement sur certains facteurs de risque de chute.
Cet objectif, pour être atteint, requiert une mobilisation forte et concertée entre les différents professionnels concernés. Ainsi, l’absence de passerelles entre les différents acteurs de proximité ne favorise pas les échanges d’expériences et de connaissances des actions menées. La mise en œuvre d’actions nationales pour la prévention des chutes – comme nous le relatons dans ce dossier de La Santé de l’homme – doit être l’occasion de donner la possibilité à l’ensemble des intervenants d’agir en complémentarité. C’est ce maillage qui doit être renforcé, à partir de ce qui existe déjà. L’Assurance Maladie, les professionnels libéraux, l’INPES, les aidants, les associations de retraités et les structures sportives, constituent un socle très dense de proximité auprès de la personne âgée. Ainsi, il n’est pas nécessaire de réinventer des réseaux mais bien plutôt d’aider les acteurs à s’identifier.
Depuis plusieurs années, l’INPES est engagé dans la prévention des chutes des personnes âgées dans le cadre de son programme de prévention des accidents de la vie courante. Depuis septembre 2004, pour renforcer la cohérence des actions de promotion de la santé à l’égard des personnes âgées, l’INPES s’est doté d’un programme global consacré à ce public. Celui-ci vise à améliorer la qualité de vie et à réduire les incapacités liées au vieillissement. La prévention des chutes est un axe majeur du programme. Fort de son expérience, l’Institut est en mesure aujourd’hui de soutenir les initiatives locales (relais d’information, distribution de brochures, etc.) et d’appuyer le développement des actions engagées pour favoriser l’autonomie d’un plus grand nombre de personnes âgées.
Au-delà des questions politiques, économiques et de santé, l’ensemble des professionnels et des intervenants mais aussi les familles ont un rôle déterminant à jouer : faire évoluer les représentations liées à la vieillesse. Ce dossier a pour ambition d’être un outil d’information et d’échange de pratiques et de savoir-faire pour les professionnels mais aussi pour les familles. Une façon d’apporter des éléments concrets pour que la prévention soit plus largement développée.
LA SANTÉ DE L'HOMME 381
JANVIER/FEVRIER 2006 Philippe Lamoureux
Directeur général de l’INPES


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